|
 |
NÉRIS LES BAINS
___
2900h. (les nérisiens)
Cartes Michelin n°73 pli 2 ou 239 pli 6 (à 8 Km de Montluçon) |
La
station de Néris-les-Bains se situe au carrefour de quatre régions historiques :
le Bourbonnais, l'Auvergne, le Berry et le Limousin. Située à 350 mètres
d'altitude, sur les contreforts du Massif Central, elle bénéficie d'un climat
doux et d'un environnement naturel préservé. Vestiges gallo-romains (arènes),
église romane et nécropole mérovingienne.
Aux temps protohistoriques, un oppidum, Neriomagus, fut édifié sur le site de
Néris-les-Bains dans le vallon des Eaux-Chaudes ou des Chaudes, où les pèlerins
venaient honorer le dieu Nérius dans le bouillonnement des eaux chaudes qui
jaillissaient de la source.
La cité gallo-romaine...
Dès le Ier
siècle, Néris fut bâtie à la mode romaine. Au carrefour des voies reliant
Bourges à Clermont et Nevers à Limoges, la bourgade campagnarde s'urbanisa. Les
divinités chtoniennes des sources furent domestiquées pour les besoins du
thermalisme dont l'importance est soulignée dans le nom latinisé, Aquae Nerii
(«les eaux de Nérius»). À la fin du premier siècle apparurent les maisons en
dur. Cet effort d'urbanisation coïncidait avec la présence à Néris de la
huitième légion, attestée par la découverte d'estampilles sur les tuiles, et qui
contribua largement au développement de la cité.
Au IIème siècle, Lucius Julius Equester,
prêtre de Rome et d'Auguste, duumvir de Bourges, fit entourer les thermes de
portiques qu'il dédia à l'Empereur et à Nérius. Un second ensemble de thermes
allait être aménagé au siècle suivant avec deux piscines rectangulaires
entourant une piscine circulaire. Le théâtre amphithéâtre fut construit à
proximité. Deux aqueducs amènent à Néris l'eau froide après des parcours de 10
et 37 kilomètres et les quartiers d'habitation occupent plus de 200 hectares sur
les plateaux qui entourent le vallon thermal.
Les IIème et IIIème
siècles marquèrent l'apogée de la prospérité d'Aquae Nerii; les Grandes
Invasions y mirent un terme brutal.
De l'époque
mérovingienne au XIXème
siècle...
La basilique romaine fut reconvertie en église lorsqu'à
l'époque mérovingienne, Saint Patrocle, ordonné par l'archevêque de Bourges,
vint évangéliser la région.
Il fonda l'abbaye de Colombier où il fut enterré en 576. De ville thermale,
Néris devint une ville religieuse, siège d'un archidiaconé, le Narzène.
Soixante-cinq sarcophages de l'époque mérovingienne, creusés dans des
matériaux romains, furent extraits en 1966 d'une zone fouillée autour du
sanctuaire; ils témoignent de l'importance du sanctuaire.
Au Moyen Âge, l'église dépendait du prieuré d'Évaux. Près de son extrémité
nord-ouest, au XIème ou XIIème
siècle, on édifia un château, qui tomba en ruine au XVIème
siècle. A la Renaissance, l'activité thermale reprit le pas sur
l'activité religieuse : Rabelais mentionna les bains, et une gravure datée de
1569 évoque les baigneurs des deux sexes qui se livrent à de joyeux
divertissements placés malicieusement sous l'égide de Cupidon.
|

L' Église St. Georges |
Un second renouveau thermal s'amorça au XIXème
siècle. L'établissement thermal, les grands hôtels, le casino et le
théâtre furent alors construits; les parcs et les promenades furent aménagés.
Chateaubriand, Lamartine, l'Impératrice vinrent à Néris en visite ou en cure.
Les eaux de Néris, essentiellement sédatives, sont réputées avoir un effet
thérapeutique pour les maladies du système nerveux, les névroses, les affections
rhumatismales et les troubles gynécologiques. Le XIXème
siècle fut aussi une époque de fouilles intenses. On
redécouvre les fondations des thermes antiques, trois salles successives
flanquées de deux ailes symétriques précédées de piscines, les villas, les
aqueducs, l'amphithéâtre. Le musée municipal est ouvert en 1881.
Le parc des arènes qui occupe l'emplacement de l'amphithéâtre, dont subsistent
quelques ruines...
|