
Créez
votre entreprise individuelle...
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Vous avez dans l'idée de créer votre entreprise
individuelle. Il est important de déterminer si cette forme juridique est la
mieux adaptée à votre projet, avant de suivre certaines étapes pour
entreprendre avec succès...
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Caractéristiques
générales
Fini le salariat ! Vous avez choisi d'emprunter la voie
d'un projet de création d'entreprise ou simplement au stade de l'idée, vous
envisagez de créer votre propre affaire. Dans ce cas, trois choix s'offrent à
vous. Soit vous menez seul à bien votre projet sans aucune aide. Soit vous
décidez de faire appel à un ou plusieurs conseillers (en dehors des partenaires
bancaires) durant la phase de préparation.
68% des créateurs optent pour cette option (source : BDPME). Soit, enfin, pour
mettre toutes les chances de votre côté, vous choisissez de vous faire
accompagner tout au long de votre démarche de création (jusqu'à
l'immatriculation de votre entreprise) par les professionnels des réseaux
d'appui à la création.
Les structures d'aide, qu'elles soient privées ou publiques, sont légion :
CCI, Chambre des métiers, APCE (Agence pour la création d'entreprises), France
Initiative Réseau (FIR), Réseau des boutiques de gestion (BGI)... etc.
Quels que soient votre préférence et l'état d'avancement de votre projet, une
règle de bonne conduite s'impose : procéder par étapes.
Étude de marché, plan de financement initial, compte de résultat
prévisionnel... Voilà ce qu'il faut dans un premier temps,
"bétonner" pour donner vie à un projet viable. Ensuite seulement
vous pouvez vous attaquer aux questions juridiques, qui correspondent à la
phase finale de préparation du projet.
Cette étude doit vous permettre de déterminer la structure juridique la mieux
appropriée à votre projet, c'est-à-dire le cadre légal dans lequel vous
allez exercer votre activité.
Sachez qu'il existe des activités qui ne sont pas compatibles avec certaines
structures juridiques. Créer sous forme d'entreprise individuelle (EI) peut
donc relever non pas d'un choix mais d'une obligation. Avant de déterminer la
structure juridique qui sied le mieux à votre activité, vérifiez donc la
qualification juridique de cette dernière (artisanale, industrielle ou
libérale).
L' E.I est réputée pour sa simplicité de création.
Heureusement, dans la majorité des cas, le choix de l' E.I est
conditionné par d'autres critères : simplicité de création et de
fonctionnement, faible coût de constitution, absence d'associés, étendue de
la responsabilité du dirigeant...
Autant dire que pour bien choisir, mieux vaut connaître toutes les
caractéristiques de l' E.I.
Principal avantage de cette structure ? Sa simplicité de création, qui lui
vaut d'ailleurs d'être la forme juridique la plus utilisée actuellement ! Les
formalités juridiques sont réduite au minimum : nul besoin d'élaborer des
statuts, ni même de convoquer une assemblée générale constitutive comme dans
le cas d'une SARL.
Une seule démarche est requise pour prétendre à une immatriculation de
l'entreprise : passer dans un CFE, remplir deux formulaires (PO et TNS) et
fournir quelques pièces complémentaires.
Conséquence : les frais engendrés par les formalités d'inscription sont
limités à l'essentiel. De même avec l' E.I, il n'est pas question de
procéder à un apport en capital, du moins d'un point de vue juridique. Les
capitaux propres sont donc constitués par votre apport personnel. En effet,
l'entreprise individuelle n'a pas de personnalité morale. Considérée comme
une personne physique, son patrimoine se confond juridiquement avec celui de
l'entrepreneur. Cette spécificité se traduit au niveau fiscal par
l'inscription des bénéfices réalisés par l'entreprise sur votre déclaration
de revenus dans la catégorie correspondant à votre activité, soit bénéfices
industriels et commerciaux (BIC), soit bénéfices non commerciaux (BNC). Ces
bénéfices s'ajoutent donc à vos autres revenus éventuels, le tout étant
soumis à l'impôt sur le revenue (I.R) des personnes.
La liste des avantages attachés à l' I.E est longue certes et suffit à
justifier la présence des artisans, commerçants et autres professions
libérales. mais elle ne doit pas masquer une autre réalité : l' I.E présente
les défauts de ses qualités.
Du fait de la confusion des patrimoines en effet, le chef d'entreprise se trouve
personnellement et indéfiniment responsable des dettes de l'entreprise sur ses
biens propres.
L'article 47 de la loi Madelin du 11 février 1994, relative à l'initiative et
à l'entreprise individuelle, apporte cependant un bémol en introduisant un
début de distinction entre le patrimoine affecté et le patrimoine personnel du
chef d'entreprise. Il institue en effet dans les droits et les biens pouvant
être appelés par le banquier en garantie de l'octroi d'un prêt, un ordre de
priorité sur les biens nécessaires à l'exploitation de l'entreprise. Le choix
du régime matrimonial n'en demeure pas moins primordial. De même, face à une
croissance prévisionnelle importante ou un développement notable de
l'activité, il est fortement conseillé, dans le premier cas, de créer
directement une SARL, et dans le second, de transformer son E.I en SARL.
L' E.I sied aux projets de petite envergure.
Les résultats de l' E.I étant soumis à l' I.R des personnes physiques au taux
progressif habituel, qui peut atteindre 54% pour la partie des revenus qui
dépasse certains montants, exercer son activité sous cette forme deviendra un
handicap dès lors que l'entreprise est fortement bénéficiaire. De même pour
les allocations familiales, dont le montant est calculé sur la totalité du
bénéfice de l' E.I. Il faut être conscient en outre de l'écart qui existe
entre la couverture sociale de l'entrepreneur individuel et celle d'un salarié.
Néanmoins, parce que vous aspirez à conserver la maîtrise totale de votre
affaire, ou à tester la viabilité de votre projet en démarrant en douceur,
vous avez considéré que l' E.I était la formule idéale. Reste maintenant à
donner vie à votre projet en procédant à l'immatriculation de votre
entreprise.
Source : Ann-Karen Bartoszewsk
Pascal Dénos