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La société ne peut correctement fonctionner que grâce à la science et à la
politique.
Tout le problème est de savoir de quelle science et de quelle politique il
s'agit.
Les deux moteurs de l'appareil social sont la science et la politique. Pourtant,
la science et la politique demeurent des parents pauvres des branches du savoir.
Devenir médecin ou avocat, par exemple, demande de longues années de formation
spécifique ; il n'est pas requis de formation particulière de qui veut faire la
politique ou la science, parce que ni l'une ni l'autre ne jouit, à ce jour, du
statut de discipline académique ; c'est des systèmes empiriques, dont le libre
accès est ouvert à tout le monde. En somme, comme la politique, la science reste
bâtarde et rudimentaire alors qu'elle se doit d'être un champ disciplinaire
propre et entier.
Voilà pourquoi les problèmes de la société sont si difficiles voire souvent
impossibles à résoudre.
La nécessité s'impose de construire la science et la politique pour les ériger
en domaines autonomes de connaissance, de formation et de spécialisation.
Devant le phénomène de complexité auquel les difficultés confrontent de plus en
plus la société contemporaine, des professeurs d'université, des scientifiques,
des experts ..., tous réputés pour leurs hautes compétences, se voient confier
des fonctions ministérielles, nommer conseillers des responsables politiques ou
intégrer dans des équipes chargées de la gestion de la cité (l'exemple le plus
illustratif est certainement celui du Ministère de l'Éducation nationale où se
sont succédés des professeurs de grand renom et surtout celui des universités
généralement présidées par des sommités scientifiques).
La plupart du temps, les résultats des actions conduites n'en sont pas
particulièrement significatifs pour autant. Les raisons en sont essentiellement
scientifiques.
Il faut changer la science pour changer le
reste !
Au terme de l'examen, on ne peut s'empêcher d'admettre que le Ministre de
l'Éducation nationale est animé d'une grande ambition pour le système scolaire,
laquelle se résume par le concept fort de "refondation" impliqué par l'étendue
de la crise de l'institution dont il a conscience. Le concept recouvre la notion
de reconstruction impérative du système sur des bases complètement neuves. C'est
là sans doute une originalité particulière au Ministre par rapport à ses
prédécesseurs et un mérite d'avoir eu le courage de reconnaître l'échelle de
gravité des difficultés du système éducatif.
Il lui reste à étayer ses réformes par la science pour les légitimer et
recueillir l'assentiment général.
Le Ministre de l'Éducation nationale fonde sa méthode d'action politique sur
la démocratie. En réalité, il la fonde implicitement sur la démocratie et la
science (n'oublions pas qu'il est enseignant et universitaire).
Elle est discutable. Inexistante hier, indispensable (avec juste raison)
aujourd'hui et vraisemblablement inutile demain, la démocratie ne revêt pas
de caractère scientifique. Quant à la science, elle se révèle insuffisamment
pensée à l'heure actuelle dans la très grande majorité des cas ; ses progrès
les plus récents n'inspirent pas encore les programmes politiques, sinon
celui du Ministre et ses moyens seraient totalement différents de ce qui est
présenté. |
P.S.: Pour connaître nos positions sur "Les Nouveaux Programmes de l'École" de
2002 et les réformes "Lettre à tous ceux qui aiment l'école" du Ministre de
l'Éducation nationale, vous pouvez vous reporter à notre site Internet
http://www.apprentissage-lecture.com.
Bernard WEMAGUE
Linguiste-Méthodoloque
Ancien Chargé de Cours d’Orthophonie
à la Faculté de Médecine de BORDEAUX
b.wemague@wanadoo.fr
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