Dieu veuille que je m'en aille -
Tournoël (Puy-de-Dôme)
Sur son promontoire d'herbes sèches, à un
kilomètre au nord de Volvic, Tournoël, quelque peu démantelé par les canons, est
encore un assez fier édifice.
Ce ne fut sans doute à l'origine qu'un
typique donjon carré de montagne surplombant des ravins sauvages Les siècles le
fortifièrent, l'agrandirent et l'ornèrent.
En 1594, Tournoël prit par les ligueurs :
ils occupaient une maison forte près du village de Donhady où fut mortellement
blessé un seigneur de Tournoël, Charles d'Apchon.
Mais malgré la Ligue, malgré la Fronde,
malgré les querelles de voisinage, la forteresse se transforma en un séjour plus
agréable. Les portes gothiques, l'escalier d'honneur et ses fenêtres sculptées,
la galerie ont encore grande allure.
Tournoël eut même un jardin intérieur à l'italienne, avec un jet d'eau, une
grotte en rocaille et une volière.
Tout à côté, dans les massives assises du donjon se trouve une crypte ténébreuse
- les fameuses oubliettes pavées d'ossements qui affleuraient, dit-on, à la
surface du sol, après les jours de grande pluie...
Dans une des trois salles du grand donjon,
dans l'embrasure de la baie grillée qui l'éclaire, on distingue nettement des
dessins représentant des loups, des personnages et les inscriptions "Dieu me
donne sa grâce", "Dieu veuille que je m'en aille" avec la date de 1595.
Les auteurs en sont probablement des captifs des ligueurs.
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