La Procession des Trépassés
(Aurillac - Cantal)
De l'Abbaye d'Aurillac, à part l'église
abbatiale, il ne reste plus grand chose aujourd'hui à part des noms et quelques
pierres.
Il faut citer la Fontaine de l'Aumône qui coule au coin de la rue du Buis et du
Square Saint Géraud. Son nom lui vient de l'aumônerie du Monastère qui se
trouvait là et l'on raconte qu'elle a donné parfois non pas seulement de l'eau
mais de l'huile et du vin.
La fontaine qui se trouve sur la place
Saint Géraud devant la maison Renaissance des chanoines, est taillée dans un
énorme bloc de serpentine verte qu'un abbé d'Aurillac, vers la fin du XIème
siècle, fit venir de Griou pour orner ses jardins. Le bassin que l'on peut voir
reposait sur un autre bien plus grand, qui fut brisé par les protestants.
L'église Saint Géraud, telle qu'elle s'offre aujourd'hui, est elle aussi bien
attachante.
De la première basilique Romane, il reste
un beau chapiteau, qui a été creusé pour en faire un bénitier, et deux dalles
décorées de feuillages et d'animaux symboliques, encastrées dans le mur de la
chapelle, à gauche du chœur. Il y a là aussi, sculpté dans la pierre, un curieux
Samson datant du Xème
siècle, le plus ancien spécimen de la sculpture préromane à Aurillac. Des
fouilles récentes ont également fait apparaître le transept romain.
Les protestants incendièrent l'église avec
tout son riche mobilier en 1569. Les reliques de Saint Géraud furent elles aussi
brûlées : on ne put sauver que quelques ossements, qui portent la trace du feu.
Cependant, Mgr. de Noailles releva le
chœur, restaura le transept et une travée de la nef. On y travaillait encore en
1643. Le reste de l'église date de la fin du XIXème
siècle.
Une légende raconte qu'autrefois, le jour des morts, à minuit, les fantômes de
ceux qui devaient mourir dans l'année sortaient par le porche abbatial et s'en
allaient lentement vers le cimetière.
Un garçon se crut assez fort pour aller voir passer cette procession de la Nuit
des Trépassés, mais s'étant reconnu lui-même dans un de ces fantômes, il tomba
sur la place sans connaissance. On le releva au petit matin, mais il avait perdu
le sens, bientôt après il perdit la vie.