Auzon sauvée par un cochon (Haute-Loire)
Perchée entre deux ravins, Auzon, l'une
des anciennes "Bonnes villes*
" d'Auvergne, est aujourd'hui une bourgade pleine de charme avec ses vieilles
demeures, ses murailles aveugles où s'accroche la giroflée jaune, ses tours de
pierre blondes ou rousses et ses jardins suspendus.
Elle était assez importante, pendant la Guerre de Cent Ans, pour que les anglais
vinssent y mettre le siège.
L'ennemi comptait sur la famine pour
pouvoir prendre possession du bourg.
Un jour, comme il ne restait plus qu'un
cochon et un sac de froment dans la ville, les habitants s'apprêtaient à manger
l'un et l'autre; ils se voyaient obligés de se rendre, peu après, quand
quelqu'un suggéra de gaver le porc avec le froment et de le lâcher hors des
murs.
Quand les Anglais virent l'animal si bien
nourri, ils pensèrent que les greniers d'Auzon regorgeaient de provisions et,
découragés, levèrent aussitôt le siège.
On montre toujours la porte par laquelle
apparut le cochon.
*
Depuis la fin du XIIIème
siècle et jusqu'au XVIème siècle, on
appelait "Bonnes Villes", celles qui étaient closes, qui avaient leur
municipalité et leurs milices et dont les privilèges étaient sous la sauvegarde
immédiate du roi.
Il y en avait 6 pour le Haut Pays : Saint-Flour, Aurillac, Mauriac, Salers,
Chaudes Aigues, Maurs; 13 pour le Bas Pays : Clermont, Montferrand, Riom,
Billom, Issoire, St. Germain Lembron, Brioude, Langeac, Auzon, Ébreuil,
Aigueperse, St. Pourçain et Cusset.